Et maintenant ? | Chapitre 1

Ce texte est une fiction documentaire.

Si la narratrice est le fruit de mon imagination, les informations citées sont réelles. Toutes les références (livres, films, lieux, personnes) et les sources sont regroupées à la fin du texte.

Si vous arrivez sur ce texte pour la première fois, la présentation de ce récit est disponible ici (avec le lien pour accéder à la version intégrale en PDF).


Pandémie. Plus de travail. Avec la crise en cours, des milliers de personnes se retrouvent dans la même situation. Inutile de commencer à chercher du boulot, quand on pourra sortir, il n’y en aura pas. Pour le moment en tout cas. En attendant, les loyers vont tomber, les factures, les courses. Quoi prioriser ?

Ma mère avait été chez l’assistante sociale quand mes parents étaient en galère. Elle lui avait conseillé ne pas payer les factures, car on peut trouver de l’aide pour cela, c’est plus dur pour la nourriture. Priorité : manger. Et puis, ils ne vont pas mettre tout le monde à la rue en même temps ?

Et après ? Comment imaginer l’avenir ?

Je me souviens du film de Yannis Youlountas « Ne vivons plus comme des esclaves », on y voyait une institutrice expliquer que six mois plus tôt, avant la crise économique de 2008, jamais elle n’aurait pu imaginer que des enfants de sa classe puissent avoir faim. Cela me semblait si lointain, tellement impossible ici. Tout a changé en quelques jours, en quelques semaines.

Confinement.

Je ne suis pas la plus mal lotie, loin de là. Ma coloc’ est grande, avec une cour intérieure, ce qui permet de sortir prendre l’air sans avoir à se faire d’autorisation. Tant de gens sont en galère : des familles dans de petits appartements, des gens tout seuls encore plus coupés du monde que d’habitude, ceux qui sont à la rue considérés plus que jamais comme des pestiférés.

J’ai beau me savoir dans une position plus agréable que beaucoup, j’ai quand même la boule au ventre. Je stresse, à la limite de la panique à certains moments. Je prends sur moi, pour ne pas craquer, et pour mes coloc’ aussi… Baptiste flippe à mort, Mathieu taffe sans réfléchir. Il est aide soignant à domicile, on ne le voit presque plus. Et quand il est là, il ne parle pas.

Mon resto a fermé ses portes dès le premier samedi. Chômage technique. J’ai vite compris avec le temps du confinement qu’il n’y aurait pas de reprise. C’était déjà un peu la galère au niveau trésorerie avant les événements, alors maintenant…

Moi qui avais toujours pensé avoir un taf où je ne galérerais jamais à trouver un poste. Cuisiner, c’était une passion. Puis en fonction des restos, de l’équipe, de la qualité des aliments, j’ai pris l’habitude de juste faire mon taf. Le faire bien. Mais sans cette passion qui me faisait vibrer autrefois. L’habitude, la routine. Ma petite vie telle que je l’aime bien.

Je crois que tout ça est fini. Une nouvelle page de l’histoire est en train de s’ouvrir. Rien ne sera plus jamais comme avant.

Alors maintenant, qu’est-ce que je fais ?

Il faut se rendre à l’évidence, je n’aurais pas la force de chercher du travail alors que tout le monde va en manquer. Pourquoi on me prendrait moi plus qu’un autre ? Et cet autre n’en a-t-il pas plus besoin que moi ? Je n’ai personne à charge, je suis en bonne santé. Je sais me démerder à faire tous ces petits tafs à la con que j’ai fait pendant mes études. En même temps, pourquoi continuer ? Pour retrouver ce petit confort que j’apprécie tant ? Je sens bien qu’il n’aura plus la même saveur tant que nous ne serons pas nombreux à le partager. C’est fou comme ce qui faisait sens il y a juste quelques semaines n’a plus d’existence.

Ok. Mais si je ne travaille pas, je fais quoi ? Ce n’est pas les activités qui manquent. Ça fait des années que je rêve d’une année sabbatique. Non pas pour faire le tour du monde comme en parlent beaucoup de mes amis, mais juste pour me poser chez moi, lire tous ces livres de ma bibliothèque que j’ai achetés en espérant un jour avoir le temps, trier mes photos, retracer l’histoire de ma famille et en faire un récit agréable pour mes neveux et nièces, finaliser ces projets de BD dont j’ai écrit la trame, aller voir mes amis aux quatre coins de la France. Si cette période de confinement n’était qu’une pause dans la vie normale, j’aurais de quoi faire. Mais l’incertitude me bloque complètement. Il faut que je prépare la suite. Mais comment préparer quelque chose alors qu’on n’a aucun point de repère sur lequel se fixer ?

Reprenons les bases. Trouver du taf : c’est mort. Pas de taf, pas d’argent. Pas d’argent, pas d’appart. Pas d’appart… c’est quoi après ? Il y a des gens qui vivent sans utiliser d’argent ?

Google est mon ami. Vivre sans argent, ça donne quoi ? Je tombe sur un type qui vit dans une grotte, un autre qui vit dans une caravane à la campagne. Mouais, ça fait pas rêver comme ça.

En fouinant un peu plus loin, je tombe sur l’expérience d’un type qui s’appelle Elf (joli surnom). C’est un informaticien qui développe des logiciels libres. J’ai déjà entendu parler de ces licences type « Creative Commons ». Une manière de supprimer le copyright, ce droit d’auteur qui oblige à payer les redevances aux propriétaires d’œuvres intellectuelles.

Les licences permettent de partager librement les œuvres que l’on créé sous certaines conditions : citer le nom de l’auteur, ne pas modifier l’œuvre ou justement laisser libre cours à chacun de la réutiliser, de la modifier et de la repartager.

Elf créé des programmes informatiques que tout le monde peut utiliser gratuitement, un peu comme le système d’exploitation Linux pour les ordinateurs, Android pour les téléphones ou des logiciels comme LibreOffice (l’équivalent de Word, sans avoir à donner des sous à Microsoft).

Les gens qui travaillent autour des logiciels informatiques libres étant une communauté bien soudée, Elf va collaborer avec les uns et les autres gratuitement. Il se déplace en stop jusque là où ils sont, à Berlin, Paris ou Barcelone et il leur demande s’il peut dormir sur un canap’ pendant quelques semaines. Pour la nourriture, il se fait souvent inviter à manger, mais il va aussi récupérer les invendus des magasins bio pour cuisiner pour tout le monde.

Cette question des invendus alimentaires est complètement dingue. Les millions de tonnes de nourriture qui sont jetées car le circuit de distribution se fait à l’échelle planétaire. J’avais lu quelque part qu’un tiers de la production alimentaire mondiale finit à la poubelle.

C’est clair que c’est un moyen intéressant de récupérer de la nourriture quand on n’a pas d’argent. Je n’avais jamais pensé l’appliquer moi-même jusqu’ici. En même temps, là, tout de suite, je me vois assez mal aller fouiller dans les poubelles des supermarchés. Et puis, il n’y a pas eu une loi qui faisait que les supermarchés devaient donner leurs invendus aux assos pour les personnes précaires ? Faudra que je me penche là-dessus.

Dans l’article sur Elf, ils disent qu’il va chercher ses habits dans des « freeshop », des magasins gratuits. Une sorte de lieu où les gens posent ce dont ils n’ont plus besoin et où ceux qui veulent peuvent venir prendre des objets qui leur seraient utiles. Cool comme concept. Après, il est à Berlin, il paraît que c’est une ville qui développe de nombreuses initiatives dans le genre. Je ne suis pas sûre qu’il existe des trucs comme ça par chez moi. Je le saurais quand même si ça existait, non ?

Travailler en échange du gîte et du couvert en gros. Oui, mais ça veut dire aussi qu’on n’a rien d’autre. Ce type est un moine, il ne boit pas, ne fume pas, mange ce qu’il trouve. Et il fait comment pour trouver sa tranquillité ? Ça veut dire qu’il passe son temps avec des gens ? J’ai besoin de mon petit coin à moi pour ne pas péter un câble.

Il est dit qu’il a brûlé ses papiers : pas de carte d’identité, pas d’assurance maladie. C’est cool parce qu’il est un homme, blanc, jeune, mais on fait comment quand on est malade par exemple ?

Je continue mes recherches sur les gens qui vivent sans utiliser d’argent. Je tombe rapidement sur le blog d’un autre type, un Français cette fois, qui s’appelle Benjamin Lesage. Il a commencé lors d’un trip avec trois amis. Ils sont allés jusqu’au Mexique !

(…)

J’ai passé un peu de temps à lire des infos sur Benjamin Lesage. J’ai trouvé un article intéressant qui répond en partie à la question sur la santé. Il raconte qu’un jour, il a eu une rage de dents. Il y en avait pour 1 500€ d’intervention. Il a proposé à la dentiste de travailler pour elle pendant un temps, elle a accepté, et il s’est retrouvé à bosser pendant six semaines à s’occuper de son jardin, de ses enfants et de sa grand-mère en contrepartie d’être soigné.

Le truc qui m’intrigue dans ces histoires, c’est que je m’imagine assez peu, dans notre société occidentale dominée par le système monétaire, me pointer à la boulangerie et demander ce que je peux faire contre une baguette de pain. Par contre, le principe d’aller bosser chez des gens en échange du gîte et du couvert, ça peut être une bonne idée en attendant que les choses se tassent. Faire du woofing. Ça fait longtemps que j’entends parler de ce principe de travail contre nourriture dans des fermes bio. C’est une piste pour le court terme, mais ça va pas m’aider à construire quelque chose pour le restant de mes jours…

Quand on va jusqu’au bout de l’histoire de ce Elf, on se rend compte que ce n’est pas juste une lubie à la « Nus et Culottés », ce n’est pas juste un jeu ou un défi, il y a une vrai pensée politique derrière.

Il pense que l’argent détruit le lien entre les gens. Que lorsqu’on achète un produit ou des services en échange d’argent, on oublie l’humain qu’il y a derrière. Sortir de cette logique monétaire permet de recréer ces liens que l’on a parfois presque oubliés (connaître la boulangère pour lui filer des coups de main quand on a des compétences pour l’aider par exemple). Et ces liens sont ce qui fait le cœur de notre vie.

Vivre sans argent, c’est recréer de l’entraide et de la solidarité entre tous ceux qui se côtoient au quotidien.

Au final, après trois ans de vie sans utiliser d’argent, Elf a créé un vaste réseau d’entraide et de soutiens mutuels qui lui assurent une grande sécurité en cas de problème.

C’est vrai que quand on travaille à temps plein, on n’a pas ni le temps, ni l’énergie pour créer des vrais liens entre tous. On a quelques amis, la famille, c’est déjà beaucoup. Quand notre travail devient du partage, de l’entraide, ça change déjà pas mal les choses.

Enfin… revenons sur Terre. Je n’ai pas de compétences de fou en informatique à partager avec des gens qui ont déjà un réseau de solidarité bien étoffé… et je n’ai pas l’intention de me mettre à la programmation. Je suis déjà fière (et je me suis bien pris la tête) d’avoir créé le site internet de mon pote Nassim qui a ouvert son resto et qui est incapable de taper sur un clavier d’ordinateur, je ne suis pas vraiment prête à aller plus loin.

Aller faire du woofing en attendant la suite. L’idée me plaît pas mal. Mais encore faudrait-il que je n’ai plus de loyer à payer. Que je lâche tout pour partir dans l’inconnu. Et où est-ce que je mettrais mes affaires en attendant ?

Reprenons le fil. Ces histoires d’invendus filés à des assos, ça donne quoi ? Un article fait le point : les supermarchés sont obligés de donner leurs invendus à des associations caritatives habilitées qui se portent volontaires pour récupérer les produits. Habilité, ça veut dire des grandes structures en gros.

Un collectif qui s’appelle les Gars’pilleurs a bien critiqué la réforme en disant que c’était une manière de redorer le blason des supermarchés qui peuvent continuer à jeter en prétextant que personne ne vient les chercher.

Non seulement, il faut que les structures se déplacent régulièrement dans les supermarchés et en plus ils excluent d’office les petites structures qui pourraient mettre en place cette initiative à l’échelle locale : récupérer ce qui est près de chez elles sans mettre en place une logistique de ouf.

Ce même collectif donne un tuto pour aller faire des récup’ illégales et créer des stands en centre-ville pour redistribuer et sensibiliser au gaspillage alimentaire. Quand on voit les récup’ qu’ils font en photo ou en vidéo, c’est complètement dingue de voir une telle quantité de nourriture encore consommable mise à la poubelle. Ça donne envie de s’y mettre aussi. Pour ceux qui sont dans le besoin, mais aussi juste parce que c’est hallucinant.

Bon, je ne vais pas y aller dès ce soir, on est quand même en confinement…

En naviguant sur la page Facebook des Gars’pilleurs, je tombe sur quelques partages d’articles où ils promeuvent l’autonomie au jardin et le développement d’une autonomie alimentaire collective. Elf aussi disait un truc intéressant dans la vidéo que j’ai regardée : que ce n’est pas une solution soutenable que de ne fonctionner que grâce au gaspillage alimentaire car l’idéal serait qu’il n’y ait pas de gaspillage. Il parlait de projet collectif de production de nourriture sans argent. C’est quoi cette histoire ?

De fil en aiguille, je tombe sur un article qui parle d’un projet allemand, dans les environs de Berlin, auquel Elf aurait été donner un coup de main. Ils appellent ça la KartoffelKampagne, « la campagne de pomme de terre ». Une ferme a été achetée par une fondation qui récolte les héritages de personnes opposées au concept d’héritage (?!) afin de créer des projets autogérés pour le bien commun. La ferme appartient donc à cette fondation qui laisse la gestion à un collectif où des volontaires se relayent pour produire de la nourriture, essentiellement des patates. Ces pommes de terre sont consommées par les volontaires, données à d’autres collectifs autogérés ou à des gens dans le besoin.

Un couple qui est passé par la KartoffelKampagne témoigne que l’auto-organisation est impressionnante. Un local à l’entrée indique tout ce qu’il y a à savoir pour s’orienter et prendre sa place. Une réunion a lieu chaque matin pour savoir qui fait quoi et s’assurer que toutes les missions principales ont un responsable.

Il y a quelqu’un qui gère les horaires, quelqu’un qui est le référent des conflits, d’autres qui s’occupent des enfants, d’autres qui cuisinent, certains qui réparent ce qu’il y a à réparer, etc., sans oublier, bien sûr, tous ceux qui sont dans les champs ou qui trient les patates. Les volontaires se succèdent et ceux qui sont arrivés la veille peuvent donner des indications à ceux qui sont arrivés le jour même, le tout dans une gestion horizontale totale.

J’ai un peu de mal à imaginer à quoi tout cela peut ressembler concrètement. Passer une semaine là-bas doit être sacrément instructif. Assez perturbant aussi. On a tellement peu l’habitude de fonctionner ainsi. Je comprends mieux que Elf soit allé bosser là-bas, ça ne ressemble en rien à ce que l’on vit au quotidien ici.

Je cherche un projet similaire en France, et je tombe sur la page du RAARE, Ravitaillement alimentaire autonome et réseau d’entraide. Ça ressemble un peu à la KartoffelKampagne sauf qu’au lieu d’avoir une ferme dédiée, ils utilisent des terrains qui sont mis à disposition par des agriculteurs auxquels ils peuvent aussi filer des coups de main en cas de besoin. Sur ces terres parfois dispersées, ils produisent de la nourriture pour ceux qui participent à la production, des personnes dans le besoin, des cantines de luttes anti-capitalistes et d’autres « organisations amies ». Le principe est de « sortir l’alimentation de la sphère marchande ».

C’est tellement déconnecté du monde dans lequel on vit que si un ami me racontait qu’il voudrait lancer un projet pareil, je répondrais que c’est impossible. Et pourtant, ça a l’air de marcher. C’est beau de se dire que des gens s’organisent comme ça. J’imagine qu’il doit y avoir des liens forts qui se créent entre ceux qui participent aux chantiers, car ils partagent à la fois des valeurs sociales, écologiques, et qu’ils se démènent ensemble pour un projet commun. J’aimerais bien participer à ce type d’action. Encore faut-il avoir le temps…

C’est quand même dingue que je me mette à imaginer produire de la nourriture. On vit dans une société occidentale, dans un pays riche. Jamais au cours de ma vie je ne me suis posé la question de savoir si j’allais avoir assez de nourriture pour manger à ma faim. Avoir un découvert à la fin du mois sur mon compte bancaire, oui. Savoir comment manger, non.

Je me sens totalement démunie face à cette nouvelle donne. C’est comme si tout à coup, nous étions transposés dans une nouvelle réalité. Comme si j’étais dans un rêve qui m’emmène vivre dans un pays du Tiers-Monde pour que je prenne conscience de ce qui s’y passe. Enfin… j’imagine que je suis encore à mille lieues de pouvoir prendre conscience réellement de ce qui se passe dans un pays du Tiers-Monde. Je suis encore dans un joli appart chauffé et si je me pose des questions sur les moyens de vivre au cours des prochains mois, ça reste une échéance que j’ai le temps de préparer, je suis loin d’avoir faim concrètement…

Enfin, j’espère.

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Références et sources

Yannis Youlountas est un réalisateur franco-grec qui a suivi les mouvements contestataires post-crise économique de 2008 en Grèce. Il a réalisé plusieurs films, tous sous licence Creative Commons, librement accessibles en ligne dont « Ne vivons plus comme des esclaves » (2013), « Je lutte donc je suis » (2015), « L’Amour et la révolution » (2018).

L’histoire de Elf est le premier épisode de SideWays, la websérie itinérante, à retrouver en intégralité sur : side-ways.net/episode1
Un complément à l’épisode a été filmé et diffusé à posteriori. Cette interview de cinq minutes permet de répondre à de nombreuses interrogations que nous avons eu lors des projections. Il est accessible à la fin de l’article multimédia ou sur notre page YouTube « SideWays, la websérie itinérante » (lien direct)

Plus d’infos sur les licences Creative Commons : creativecommons.org
Libérer ses œuvres, c’est prendre conscience que ce que l’on créé ne nous appartient pas. Nous avons pu le créer grâce à de multiples interactions avec d’autres, grâce à tout ce qui a été créé par d’autres avant nous. Ce que l’on créé permet d’enrichir les réflexions, les références, les inspirations d’autres personnes. Libérer ses œuvres participe à une société où l’information et la culture ne sont pas réservés à ceux qui ont les moyens économiques d’y avoir accès, et contribue, à son échelle, à une société plus égalitaire. Cela pose la question du financement, qui est à réinventer selon de nouvelles bases. La participation libre est une clé : chacun participe selon ses moyens, qu’il s’agisse de dons monétaires, de dons en nature ou d’apport de compétences.

Un tiers de la nourriture mondiale fini à la poubelle selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) : fao.org

Les magasins gratuits (ou magasins pour rien, freeshop, espace de gratuité, GiveBox, etc.) sont sans doute issus de l’esprit des squats où, sans loyer à payer et avec des espaces assez grands, il est facile de mettre un place un système de partage des surplus. Les magasins gratuits se sont développés à travers de nombreux systèmes pour garder l’aspect gratuit (la problématique principale étant le loyer à payer). Nous avons été dans des dizaines de ces lieux depuis notre départ en camion, chacun ayant son système propre d’organisation : utilisation de locaux municipaux ou d’anciens locaux à poubelles réaménagés, accord avec un propriétaire pour l’utilisation d’un lieu en attente d’une vente, repas payant tous les mois pour payer le loyer – mais tous est gratuit le reste du temps, loyer financé grâce à la participation libre, etc. Système simple à mettre en place, nourrit de la surabondance de notre société de consommation, les magasins gratuits sont une évidence à mettre en place partout.

Benjamin Lesage est une autre personne qui vit sans utiliser d’argent. Sa démarche a débuté avec un voyage sans argent avec trois autres amis, entre les Pays-Bas et le Mexique. Il raconte cette histoire dans un livre « Sans un sou en poche », publié en 2015 aux éditions Arthaud. Il a poursuivit sa vie sans argent au-delà de ce voyage et a cherché pendant plusieurs années à construire un éco-village, nommé Eotopia, qui fonctionnerait intégralement sans argent, depuis le prêt ou la donation d’un terrain à la vie quotidienne en passant par la participation à la vie de la commune sur laquelle aurait pris place la démarche. Il racontait cette quête sur un blog de Rue89 (aujourd’hui hors ligne). Après plusieurs années de recherche, plusieurs initiatives infructueuses et la naissance d’une petite fille, les objectifs d’Eotopia ont été revus à la baisse et l’éco-village a vu le jour en Bourgogne.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le blog de Benjamin Lesage : sansunsou.wordpress.com ; ainsi que le site d’Eotopia : eotopia.org

Le woofing est un concept, géré par des associations nationales indépendantes, qui propose à ceux qui le souhaitent d’aller travailler dans des fermes biologiques en échange du gîte et du couvert. Tout le monde peut s’investir, quelque soit son âge ou sa nationalité, sans aucune connaissance préalable en agriculture. L’intérêt principal pour le participant, le plus souvent citadin, est d’acquérir des compétences et de vivre une expérience humaine. Un court documentaire réalisé par Coop Mob, accessible en ligne, présente les avantages du woofing : « Móðir Jörð, la synergie positive du wwoofing »
Retrouvez aussi le site de Woofing France.

« Nus et Culottés » est une émission de télévision diffusé depuis 2012. À chaque épisode, les deux personnages principaux partent sans argent et intégralement nus d’un endroit, avec une quête (prendre un thé avec un Lord, faire un bonhomme de neige sur un pic alpin ou autre). Il réussissent leur mission à chaque fois grâce au troc, à des services rendus ou à la générosité des personnes rencontrées.

Article sur les supermarchés qui doivent donner leurs invendus à lire sur le site Consoglobe « Loi sur le gaspillage alimentaire : qui peut récupérer les invendus ? », écrit par Elise Racque le 25 novembre 2015

Les Gars’pilleurs sont a retrouver sur Facebook : Les Gars’pilleurs ou sur leur site internet : lesgarspilleurs.org

Les informations sur la KartoffelKampagne sont issues de notre expérience lorsque nous avons participé à la récolte en tant que bénévoles au cours de l’été 2013. Il est difficile de trouver des informations sur cette initiative sur internet.

Vous pouvez retrouver le RAARE sur leur page Facebook : Ravitaillement Alimentaire Autonome, Réseaux d’Entraide
Pour les contacter, connaître les horaires des chantiers et y participer : raare@riseup.net

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