Vivre en camion, je l’ai dans un coin de ma tête depuis longtemps, au moins depuis l’Asian Projekt (Web-Reporter) en 2007 où nous parcourions l’Asie sac sur le dos et pouce levé. Ce projet à l’époque était une vraie révélation. J’adorais ce sentiment de liberté procuré par le « nomadisme » et les seuls contraintes que nous nous imposions à nous-même. Nous suivions nos sentiments, nous vivions au jour le jour ce qui n’affectait nullement notre productivité, bien au contraire.

Je me sentais bien, et je n’avais aucune envie que cette « vie » s’arrête. Pourtant, après deux ans et demi, il a fallu se trouver une raison et rentrer.

La suite, je l’ai vécu à Paris pendant trois ans. J’avais un tas de choses à apprendre, et surtout, besoin de me fixer des repères et de me situer dans notre société.

Il n’y a eu que peu de jours où je ne pensais pas repartir, (re)vivre de rencontres et (re)travailler de cette manière. Le camion, j’y pensais souvent. Il était synonyme de liberté et de confort. Avec lui, vous avez votre maison, votre espace de travail, vos repères.

Mais, entre le penser et sauter le pas, il y a un gouffre. Puis en mai dernier, la vie m’a tout simplement indiqué que c’était le moment. Je n’ai pas eu beaucoup à y réfléchir. C’était maintenant.

Le 16 mai 2013, j’ai rendu les clés de mon appartement parisien. J’ai trouvé le camion à la fin du mois. Il a fallu un peu de temps, le temps que je m’approprie ce nouveau lieu de vie, pour me sentir bien. C’était une phase de transition un peu particulière car forcément mes repères étaient quasi-inexistants. Un point positif, sans doute utile pour retrouver un équilibre, je savais exactement ce que j’allais faire avec. SideWays était déjà sur les rails.

Plusieurs semaines auront été nécessaires pour que les doutes se dissipent totalement et que l’enthousiasme reprenne le dessus. Cette période a aussi correspondu à la reprise des tournages et à d’autres changements. Notamment le débarquement d’Hélène dans l’aventure SideWays.

Il y a donc eu l’appropriation du camion et son adaptation à nos besoins : décoration intérieure et extérieure, installation d’un panneau solaire, d’une batterie plus puissante, d’un petit tour au garage solidaire pour vérifier son état, etc. De nouvelles habitudes à prendre comme remplir notre réservoir d’eau régulièrement (80L), maîtriser nos consommations énergétiques, se séparer de tout l’inutile et apprendre à vivre dans les quelques mètres carrés.

Dans le camion, tout est « bricolable » et on ne s’en prive pas. Notre tiroir à couvert fait également office de boîte à outil, cette dernière étant tout autant indispensable au quotidien. Un petit détail qui a son charme.

Toutes ces adaptations, comme le dit Elektra, sont en fait la source de notre liberté. Elles ne sont que très peu contraignantes au regard de ce que ce mode de vie nous apporte.

Et le camion en lui-même ? Et bien, on ne cesse de se le répéter, nous avons eu beaucoup de chance. Pour son prix (3 700€), ce camion avait un très faible kilométrage (85 000 km), était en bon état et très bien aménagé. Il est petit, c’est une évidence (Renault Trafic), mais nous avons tout le nécessaire : une petite cuisine avec frigo, une douche avec chauffe-eau, des toilettes, des rangements, etc. Il ne manquerait, à la rigueur, qu’un chauffage, mais ce dernier n’est utile que quand il fait froid. Nous sommes donc en route pour le sud où nous passerons l’hiver.

Ce qui est très particulier avec ce mode de vie, c’est que nous nous sentons partout chez nous. On peut aussi bien dormir en plein milieu des champs que sur un boulevard en plein centre d’une grande ville. Cela dépend seulement de nos besoins et de nos envies du moment. Après six mois de vie à bord, ce camion est l’habitat le plus adapté au style de vie que je recherche actuellement et idéal pour le projet que nous portons.

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2 thoughts on “Six mois à bord d’un camion aménagé, retour sur ce choix (de vie) – par Benoit”

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