Il y a, depuis les années 50, l’agriculture chimique. Après il y a eu l’agriculture biologique qui est venue pour contrecarrer l’agriculture chimique. Puis il y a Steiner qui a inventé la biodynamie.

Steiner, c’est un allemand, mort en 1925 ou 27, qui était plutôt un anthroposophe, philosophe qui faisait des conférences. Et les agriculteurs dans ces années-là, c’était des années de super production 1900 après les guerres de 70, et de 14. Des agriculteurs sont venus le voir en disant : « Monsieur Steiner, vous pouvez nous dire pourquoi on n’arrive plus à rien faire de notre terre. Notre terre ne marche plus ». Des paysans qui disent : « on sème du blé et le blé ne pousse pas ».
Et Steiner répond : « la terre est vivante.
– La terre est vivante ?! Mais ce n’est pas possible »

Personne n’avait pensé que la terre était vivante, il y a bien des trucs qui vivent dans la terre, mais… La terre est vivante et c’est parti de là toute l’histoire de la biodynamie. Steiner qui a décrit ça : la terre est vivante, si vous voulez qu’elle continue de produire, il faut la laisser en vie, il faut arrêter de la déséquilibrer.

Nous, on a appris à l’école le complexe argilo-humique, donc c’est des formules chimiques pour maintenir un équilibre. Mais quand le truc est vivant, l’équilibre il est toujours là, la vie ce n’est que de l’équilibre. Et si tu veux, si tu mets trop d’azote, pas assez de machin, ça déséquilibre. On fait des préparations en biodynamie, de la bouse de vache qu’on répand à 140g par hectare.

« Ben oui, tu n’as pas besoin d’un gros tracteur pour mettre 140g à l’hectare.
– nous, on met 6 tonnes à l’hectare
– oui, vous êtes forts, pas nous… »

On met le 500, la bouse de vache compostée, c’est comme un levain, ça sème la vie. C’est ça que les gens ne comprennent pas. C’est pas les tonnes à l’hectare qui comptent, c’est le vivant qui compte. Quand tu répands la vie, la vie se multiplie. Quand tu répands des tonnes à l’hectare, c’est un produit mort.

La biodynamie, c’est respecter la vie, ce n’est pas tuer les nuisibles, c’est favoriser les prédateurs. Et il faut garder un équilibre. On peut être malade toute sa vie et bien vivre. C’est juste il faut qu’il y ait plus de prédateurs que de nuisibles. Si tu fais un traitement au souffre, il faut faire très attention, si tu as plus de typhlodromes et de coccinelles que d’araignées, tu vas tuer tous tes auxiliaires. Ce qu’on appelle auxiliaires, ce sont ceux qui nous aident. Et puis finalement, tu va tuer 4 araignées qui ne sont pas nuisibles. La biodynamie, c’est respecter, regarder, observer. J’aime bien dire Aimer, Observer, Cultiver, c’est le AOC.

Je pense qu’avant, il y avait une conscience paysanne qui faisait toujours ça, et il a fallu donner un nom à ce truc-là. Il faut savoir qu’en 14-18, tous ceux qui sont morts, c’est tous ceux qui savaient. Ce sont eux qui étaient en première ligne à Verdun. C’est pas les ingénieurs qui sont partis, c’est les paysans. Toute ce savoir verbal, ancestral, toute cette transmission qui n’a jamais été écrite dans les livres a un peu disparue dans la guerre 14-18.

C’est pour cela que Steiner en 28, il a parlé de ça. Avant, on ne parlait pas de biodynamie, tout le monde savait que par son grand-père, sa grand-mère, tout le monde savait que la terre était vivante. La terre, ce n’était pas un support de culture, c’était quelque chose qui fait partie de ton corps. Et ça ça a été perdu. Donc Steiner en a profité pour faire ça.

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