Pourquoi y a-t-il si peu de femmes dans les épisodes SideWays ?

C’est une question, que je me pose depuis déjà longtemps, et qui s’infiltre insidieusement en moi. J’ai l’impression, malgré notre volonté commune de mettre en valeur des initiatives positives, de continuer à reléguer les femmes au second plan, alors même que je ressens personnellement le besoin de pouvoir observer des exemples féminins qui incitent à aller de l’avant dans la société.

Il faut dire que, jusqu’à récemment, je ne me suis jamais retrouvée confrontée à la mise en second plan des femmes. J’avançais dans ma vie, sans trop me poser de questions, avec énergie. Je me suis retrouvée le plus souvent dans des milieux d’hommes, où, au contraire d’un inconvénient, ma condition féminine m’offrait des avantages certains. J’avais l’impression que la présence d’une femme dans un groupe masculin faisait du bien à tout le monde, et que l’égalité des sexes était acquise à ma génération, grâce au combat des femmes des générations précédentes.

Mais depuis quelques années, la donne à changé. Je me suis retrouvée dans un bureau de travail où l’homme est le chef, et les femmes les subordonnées. J’ai par la suite pris la route et je me retrouve aujourd’hui avec cette question de la place de la femme dans la société qui se fait de plus en plus oppressante, peut-être parce que je suis désormais prête à la regarder en face. La question du viol a été la première à se manifester. J’ai entendu à mi-mot trop d’histoires malsaines pour pouvoir ignorer et ne plus prendre en considération les chiffres effarants mis en avant par les associations féministes.

Mais dans un cadre plus quotidien, je prend également peu à peu conscience que l’explication à de nombreux chiffres évocateurs prennent naissance dans la multitude des actions quotidiennes. Cette mise en avant de l’homme sur la femme est souvent considérée, quand elle est pointée du doigt par des non-initiés, comme résultat d’un caractère, du contexte, ou d’un élément quelconque. Le problème, c’est que dans 90% des cas, les hommes sont mis en avant et les femmes ne le sont pas.

Cependant, alors que ces réflexions se développent dans mon esprit, je continue ma vie, nous continuons le projet qui nous passionne depuis plus de 2 ans. Les rencontres de 2015 nous ont permis de trouver les sujets des 3 ou 4 prochains épisodes. Si une femme est co-réalisatrice d’un projet, les autres sont tous portés par des hommes…

Pourquoi ? Je suis sûre que nous ne mettons pas volontairement les femmes de côté lorsque nous en rencontrons. Les choix des sujets se font de la manière la plus naturelle possible, sur des rencontres le plus souvent inattendues.
Pour dire vrai, je n’ai pas de réponse à cette question. Je peux avancer quelques hypothèses mais ce ne sont que des idées sans preuves. Je pense que les causes sont les mêmes que celles qui expliquent la faible présence des femmes dans l’exécutif et dans les postes à responsabilité, les écarts de salaires, et les pressions psychologiques inconscientes que la société fait peser sur les femmes à divers degrés.

Après la question des causes, vient la question de notre responsabilité personnelle. Et nous, que pouvons-nous faire à notre échelle ? Doit-on influencer le choix de nos sujets en prenant en compte ce critère et donc effectuer une sorte de discrimination positive ? Doit-on concentrer nos efforts de recherche sur un public féminin ?

Il y a un an et demi, cela nous aurait semblé compliqué car trouver un sujet d’épisode nous prenait déjà plusieurs mois. Maintenant que nous avons plusieurs idées en tête, cela pourrait être plus simple.

J’ai envie d’ajouter une conclusion à ce texte. Le changement des mentalités, les nôtres comprises, sont longues et il est important de respecter le rythme de chacun. Les évolutions sont souvent liées à des expériences personnelles, qui peu à peu modifient notre regard sur le monde au cours de notre vie. Les évolutions nécessaires à une société plus juste et plus humaine sont multiples. Notre chemin personnel nous a amené à axer nos recherches sur le fait de “trouver sa fonction dans le monde”, mais d’autres évolutions sont nécessaires, en parallèle : un changement de regard sur la condition féminine, sur notre capacité à communiquer entre nous et à travailler ensemble, sur notre rapport à la nature, à l’éducation, à l’information, etc.

Petit à petit, nous prenons conscience du chemin qu’il nous reste à faire, personnellement, dans tous ces domaines. La route est longue, et passionnante. Nous aurons besoin de l’aide, du soutien et de la réflexion de ceux qui sont portés sur ces problématiques spécifiques.

Si votre attention et votre passion vous entraînent dans un domaine, où vous décelez des failles à travers notre travail, n’hésitez pas à venir nous aider à les combler. La participation de chacun à son échelle nous permettra de nous améliorer personnellement, et de rendre le travail que nous réalisons à travers SideWays plus juste.

Vos contributions concernant la place des femmes dans SideWays, entre autres, sont les bienvenues !

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