Cet article est un complément à l’épisode 10 “Un vaste chantier qui change la vie”.
Pour découvrir l’article multimédia complet : www.side-ways.net/episode10

 

 

Le modèle global Earthship, c’est l’aboutissement de 40 ans de travaux de Michael Reynolds et de son équipe. Son objectif était de créer une maison agréable à vivre, qui respecte son environnement, la plus autonome possible et techniquement accessible au plus grand nombre.

Le modèle global, c’est le type de maison Earthship le plus abouti, qui correspond au confort occidental actuel auquel nous sommes habitués. Son coût de revient est similaire à celui d’une maison classique. C’est le modèle qui a été utilisé et adapté par les membres d’Habite ta terre pour la construction de la maison-témoin à Champs-Romain.

Pour un tarif beaucoup moins élevé, aux alentours de 20 000€, il est possible de construire un Earthship plus rustique. Il n’y aura pas de l’eau chaude ou de l’électricité disponible à toute heure, mais la maison correspondra en tous points aux 6 principes définis afin de catégoriser une maison comme un Earthship.

1. Utiliser matériaux recyclés, recyclables et locaux

Nous produisons aujourd’hui une qualité faramineuse de déchets que l’on ne sait pas recycler. Ils finissent dans des décharges ou sont brûlés. Beaucoup de maisons Earthship sont construites à base de pneus. Ce matériau devient toxique s’il est brûlé ou laissé à l’air libre. Son recyclage demande une qualité énorme d’énergie. Cependant, un pneu entièrement recouvert de terre comme à l’intérieur d’un Earthship, qui n’est pas en contact avec l’air, ne dégage pas d’éléments toxiques et ne se détériore pas. Il devient un matériau idéal pour la construction. C’est une manière de lutter contre les déchets tout en les rendant utiles.

Le Earthship peut être construit à partir d’autres matériaux (pierre, bois, etc.) en fonction de ce qui est disponible facilement sur place et qui correspond aux principes énoncés. Des éléments devront alors être adaptés en fonction des contraintes induites par le matériau.

2. Le chauffage passif solaire

La maison est semi-entérée, permettant d’utiliser le principe géothermique suivant : la température est stable toute l’année aux alentours de 8-10°c.

La baie vitrée de la face sud de la maison est orientée en fonction de la différence d’inclinaison du soleil en hiver et en été (principe des maisons bioclimatiques).

En hiver, le soleil entre directement dans la maison et vient chauffer les épais murs de terre. Ces derniers emmagasinent
la chaleur la journée et la restituent la nuit, limitant au maximum l’utilisation d’un chauffage.

En été, le soleil chauffe uniquement la serre. Quand il fait trop chaud dans la maison, l’ouverture d’une trappe à l’intérieur de la serre permet d’évacuer l’air chaud, créant un appel d’air venant des tubes de climatisation enterrés, amenant de l’air froid dans la maison (principe des puits canadiens).

Ce principe est expliqué en vidéo par TheAnacondaProd.

3. La collecte d’eau

Il s’agit le plus souvent de la récupération de l’eau de pluie qui tombe sur les toits, stockée sous terre et filtrée avant d’être utilisée comme eau potable au sein de la maison.

Si une source ou un puits est présent à proximité, il peut être utilisé à la place de l’eau de pluie.

4. La gestion des eaux usées

Différents circuits sont mis en place dans un Earthship. Le premier est le circuit d’eau filtrée pour l’hygiène et faire la vaisselle. Cette eau est assainie une seconde fois via un filtre à charbon pour l’eau potable. Les eaux grises vont ensuite être transférées dans les plantations intérieures avec différentes strates (sable, cailloux, terre, etc.).
Des plantes épuratives en amont traitent les produits utilisés que les autres plantes peuvent ne pas apprécier (principe de la phytoépuration).

L’eau restante est envoyée dans les toilettes, nous sortons donc de l’aberration actuelle d’utiliser de l’eau potable pour ce service commun. Les eaux noires, dernière étape, sont transférées dans une phytoépuration extérieure dimensionnée par un bureau d’étude agréé.

Ce système d’utilisation et de réutilisation de la même eau pour ses différentes applications : eau classique, plantes intérieures, toilettes permet des économies considérables sur le long terme, le tout sans nécessiter d’être reliée au réseau d’eau classique.

5. La production de nourriture

Entre la baie vitrée extérieure et l’intérieur de la maison, une serre est installée, zone tampon qui permet de limiter les pertes de chaleur à l’intérieur de la maison, de filtrer les eaux usées et de produire une partie de la nourriture des habitants.

6. L’utilisation des énergies renouvelables

Dans l’objectif d’être autonome, les énergies utilisées pour chauffer la maison, l’eau et produire l’électricité sont des énergies renouvelables et locales. Peuvent être utilisés : du bois, un chauffe-eau solaire thermique, des panneaux photovoltaïques et l’énergie du vent.

Pour en savoir plus sur les Earthship

– le site de référence Earthship Biotecture (en anglais)
une vidéo des Cré’alters sur le premier village de Earthship à Taos au Nouveau Mexique (USA)
– un autre Earthship en construction en France : Géonef Vallée du Célé dans le Lot.
une application mobile avec de nombreuses informations pour fabriquer la plus basique des Earthship : la “simple survival” (en anglais)
un article de Reporterre, le quotidien de l’écologie, sur le Earthship.

 

Découvrir les autres annexes de l’épisode 10

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