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[Episode 9] Les petits mots de la Bergerie des Malassis [6]

    Nous partageons ici les textes de Gilles, de la Bergerie des Malassis, initialement publiés sur la page Facebook de La bergerie des Malassis.


    Les petits mots de la Bergerie des Malassis – (Ça câline ça fait mal)

    J’mets
    Une bonne instru
    Qui sent la rue
    Pour vous parler encore
    D’mon kiff
    A être dehors
    Presque H 24
    Même à quatre pattes
    Comme mes bêtes,
    Pour désherber
    Dans les jardins,
    Ramasser
    Des ordures
    En pied d’immeuble
    Que je n’ai pas jetées,
    Ou aider un gamin à planter
    Une p’tite salade
    Sans en faire un spectacle
    Politico démago
    Façon farces et attrapes
    Crado
    Sur une page FB

    ne instru
    Qui tabasse
    Qui donne la gouache
    Pour continuer à écrire
    Parce c’qu’à ce que je sache
    L’histoire n’est pas finie.
    J’me sens
    Comme dans un gros nuage de fumée
    Ce n’est pas le premier os
    Qu’on me donne à ronger
    Avec mes dents abimées.
    A remuer la queue
    En bon toutou
    J’n’ai pas songé,
    J’aime pas m’faire caresser
    Par n’importe qui,
    J’suis pas enragé
    Et pas tebê,
    Je ne donnerai pas le bâton
    Pour me faire taper,
    Et je ne serai pas le bon et gentil berger de Bagnolet

    La Bergerie ce n’est pas un lieu
    Pas un projet d’agriculture urbaine
    C’est une épine dans le projet de rénovation urbaine
    C’est la ferme du village
    C’est la ferme de ceux qui ont quitté leur village
    De ceux qui n’ont pas eu de village
    C’est pas une asso de mes 2
    Qui deal avec la lâcheté
    Et la fainéantise intellectuelle
    Qui gangrène
    Notre société malade
    De trop de boniments et d’entourloupes,
    De divisions
    Pour que certains conservent leurs titres
    Leur égo
    Et leurs privilèges.

    La Bergerie c’est nous toutes et tous
    Qui disons c’est bon stop ça suffit
    Vous allez pas continuer
    A nous la mettre à l’envers
    On a tous un cerveau
    Qui vaut bien le votre
    On a des idées, des savoirs faire
    Bref tout ce qu’il faut
    Et d’on ne peut plus légitime,
    Eh oh c’est nous les citoyens
    Nous ne tenons pas toutes et tous sur des listes,
    Pour réclamer d’être entendus
    Pour avoir le droit de mettre le nez dans les affaires publiques
    Sans être en campagne
    Pour faire comprendre à ceux qui veulent être élus
    Que mettre un bulletin dans l’urne
    Ce n’est pas se soumettre
    A je ne sais quel projet
    Figé d’avance
    Parce qu’il y a un monde entre la théorie
    Et la pratique

    La Bergerie est une des filles innombrables de la poésie en action
    Qui irradie tant de lieux, de gens
    Tant d’instants
    Elle est la sœur de tous ces refuges de beauté, d’improvisation et de olidarité
    Tant malmenés,
    Comme tout ce qui est vivant,
    Et libre,
    Par la paranoïa et l’égo des petits chefs.

    On nous promettra tout
    On nous dira tout ce qu’il faut penser
    Tout ce que l’on veut entendre
    En bon et chers cons citoyens
    Croyez-moi ça va pas être triste les municipales
    A notre époque du mensonge généralisé
    On va tous se faire draguer
    Ceux qui ne nous ont pas calculés
    Pendant cinq ans
    Vont venir frapper à nos portes
    Des miracles plein les poches.

    C’est nous qui devons changer d’attitude
    Qui devons prendre conscience de nos responsabilités
    De notre capacité à agir
    Changer d’attitude face au peu de cas que l’on fait de la vie
    La vie, humaine, animale, végétale
    C’est comme si l’humain voulait finir dans un monde
    Qu’il aurait entièrement recréé,
    Flippant gerbant moche insupportable.
    Changer d’attitude face à ceux qui veulent nous enfermer dans une seule identité
    Qui veulent faire de nous des êtres ternes, froids, résignés,
    Ou des groupies de politique réalité.
    Notre combat est en dehors des institutions politiques
    Parce qu’il faut des contres pouvoirs,
    Nous sommes parmi ceux qui font bouger les lignes par leurs actions
    Sociale, environnementale, artistique, pédagogique, thérapeutique,
    Ou tout simplement par bienveillance envers autrui.

    A tous les amoureux de l’aventure
    A tous les jardiniers en herbe
    A toutes les amateurs et amatrices de cabanes
    A toutes les bêtes en tous genres
    A toutes et tous qui ont envie d’accueillir plutôt que de chasser
    Qui préfèrent partager plutôt qu’accumuler
    Qui préfèrent le mélange aux ghettos
    Qui n’aiment pas être pris pour des pigeons
    Qui aiment aussi marcher sur de la terre
    Qui regardent les arbres et les oiseaux
    Et qui ont conscience qu’ils sont en danger
    Comme nos enfants qui grandissent dans un environnement
    Qui fait même flipper les adultes.
    A tous ceux qui savent que nous avons besoin de fêtes
    De musique, d’art et de légèreté
    Pour façonner le monde sans cruauté organisée
    Sans manipulations de tous les cotés
    A toutes les amies
    A tous les amis
    A toutes les amies des amies
    A tous les amis des amies
    … ok ok j’arrête mes conneries …

    On est là
    Et on va y rester
    On fait rentrer les sous avec des projets engagés
    Pour que la Bergerie vive.
    On est là,
    Encore plus motivés pour porter collectivement
    Des exigences de citoyens
    Pour de véritables changements dans la lutte contre les inégalités sociales
    En matière d’éducation, de ségrégation et de sexisme
    Et pour défendre, en ville, en bas de chez nous,
    Le respect des arbres, plantes, insectes, animaux,
    Qui nous apportent tant de bien être
    Et qui nous offrent un recul unique et précieux
    Sur notre condition d’humain citadin.

    D’où ? Sinon de nos villes populaires de banlieue
    Qui ont la culture de l’ouverture, de l’accueil, de la diversité,
    Qui sont des foyers de créativité sociale et artistique,
    Pourra être concrètement affirmé et défendu un idéal de justice sociale
    Sans que ce soit un fonds de commerce
    Où pourront être mises en place des alternatives éducatives locales qui auront valeur d’exemples ?
    Quand pourront cesser les querelles politiciennes affligeantes et néfastes pour l’intérêt général ?
    Quand pourront nous développer une coexistence avec la nature en ville qui profitera à tous ?
    Quand allons-nous favoriser et soutenir une économie efficace et solidaire ?
    Excusez tous ces grands mots
    La coupe est pleine
    Ça craint vraiment
    Il faut se réveiller et comprendre
    Que le temps que l’on perd à écouter le discours de certaines personnes
    Nous empêche de penser par nous-mêmes et d’agir
    Le climat social et la crise climatique méritent que chacun mette la main à la patte,
    Si nous ne changeons pas nous-mêmes, les élections ne changeront rien.
    La Bergerie continuera à faire vivre, avec beaucoup d’autres,
    Un débat sur tous ces enjeux qui sont fondamentaux.

    Bon allez, j’ai assez jaqueté …
    J’ai du dire quelques conneries en plus, mais bon …
    Le prochain post ce sera pour vous annoncer une nouvelle soirée Hip Hop à la Bergerie
    Le thème ?
    L’écologie et l’urbanisme dans le rap français.
    Poésie et réalité garanties.

    Il y a tant de choses à dire, à écrire, et nous avons si peu de temps … Les petits mots de la Bergerie diront un peu, souvent, c’est déjà beaucoup.


    Retrouvez d’autres textes de Gilles sur le blog de l’association Sors de Terre et sur la page Facebook de la Bergerie des Malassis.

    Regardez aussi l’épisode de la websérie documentaire SideWays sur la bergerie des Malassis.

    1 commentaire pour “[Episode 9] Les petits mots de la Bergerie des Malassis [6]”

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